Démocraties sous influences 

Jeudi 22 novembre 2018 au cinéma Le Rio (78 rue sous les Vergnes Clermont-Ferrand)

Clément Mathonnat, économiste, Université Clermont Auvergne

Sonia Reyne, journaliste indépendante

Depuis quelques années, les grandes démocraties semblent "gangrenées" par des pratiques d’influence, de lobbying et de corruption. Le citoyen assiste au brouillage des frontières entre intérêts privés et intérêts publics. Souvent impuissant face aux rouages complexes de ces relations incestueuses, il les découvre souvent lors d’affaires judiciaires sulfureuses (Elf, Groupe Bolloré en Afrique…) qui mettent à jour les atteintes à la probité publique.

Ainsi, des pratiques comme le "pantouflage" témoignent de la porosité entre sphères politiques et grands groupes économiques et financiers : on écrit des lois au profit de ces derniers, de même qu’on introduit des dispositions avantageuses via quelques amendements discrets, sans compter les bénéfices d’un retour dans le secteur privé après l’exercice d’une fonction publique afin de profiter du système que l’on a contribué à réformer.

Et quel est le rôle des médias et des élites intellectuelles ? Ne contribuent-ils pas au façonnement de l'opinion et à la "légitimation" de certains conflits d'intérêt dans nos démocraties ?

Comment, dans ces conditions, échapper à la crise de la citoyenneté ? Etre crédible pour dénoncer les "privilèges" des fonctionnaires ou les supposées fraudes aux aides sociales ?

En réponse à ces collusions et autres connivences entre élus, avocats d’affaires, lobbyistes, medias… s’exprime tout un courant anti-corruption de plus en plus audible.

Un éclairage rare pour mieux comprendre ces faits très occultés et redéfinir les espaces de la démocratie.

En 1ère partie : Les nouveaux chiens de garde, de Gilles Balbastre et Yannick Kergoat, 2012.

Adaptation au cinéma de l'essai du même nom de Serge Halimi, ce documentaire dénonce ces medias auto-revendiqués indépendants, objectifs et pluralistes qui se prétendent contre-pouvoir. Le film pointe la menace croissante d'une information produite par des grands groupes industriels et pervertie en marchandise. Au sein d’un microcosme idéologique prospèrent les informations pré-mâchées, les intervenants permanents, les notoriétés indues, les affrontements factices et les renvois d’ascenseur. Certains journalistes, éditorialistes, experts, évangélistes du marché et gardiens de l’ordre social… sont les nouveaux chiens de garde.